N°771
UNE LÉGENDE NOUS A QUITTÉS : IN MEMORIAM BORIS SPASSKY
L e 27 février, le monde des échecs était en deuil. Le 10 e champion du monde est décédé à 88 ans. Il s’est envolé pour d’autres cieux en empor tant les secrets les mieux gardés de l’histoire des échecs. Qui était réelle ment Bobby Fischer, son rival légen daire ? Quelle était sa vision du jeu, que nul champion soviétique n’a jamais su décrypter ? Boris et Bobby étaient indissociables depuis leur combat à Reykjavik en 1972. C’était
le temps de la guerre froide. Tous deux étaient des génies et ils restèrent long temps incompris dans leur propre camp. Boris Spassky s’était exilé en France où il a tant contribué à la pro fessionnalisation des échecs. Europe Echecs a rendu hommage à ce joueur légendaire en lui dédiant un numéro spécial (cf. n°763). Son sourire était contagieux. Boris Spassky était un homme exceptionnel. g L a championne du monde a pulvé risé Tan Zhongyi (6,5-2,5). Ce match était sa 4 e défense du titre (cf. n°764). Il s’est déroulé dans un anonymat relatif à Shanghai, puis à Chongqing, si loin des feux des médias, du 2 au 16 avril. Ju Wenjun a rejoint au palmarès les deux stars de Géorgie Nona Gaprindashvili et Maia Chiburdanidze, elles aussi détentrices de 5 titres. Seule la divine Vera Menchik (1906-1944) la sur classe avec 8 couronnes, mais c’était une autre époque. En 2026, Ju Wenjun pourrait devenir la 2 e joueuse la plus titrée de l’histoire. Susan Polgar ana lyse sa performance exceptionnelle dans un dossier spécial. D’une légende à l’autre, cet hommage était incontournable. g Un numéro spécial pour un monument des échecs. Ju Wenjun renforce sa légende avec un 5 e titre.
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JU WENJUN AU PANTHÉON
Inoxydable Vasyl Ivanchuk !
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IVANCHUK, LE MARATHONIEN C e génie est acclamé partout où il joue. Il incarne la vision roman tique des échecs. En 2025, il avait débuté sa tournée triomphale au Masters de Djerba. Il n’avait pas brillé. Il avait joué trop peu de tournois indi viduels depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Sa sensibilité était à fleur de peau. Vasyl ne cherche pas la vérité, fondamentalement, mais à jouer la partie la plus parfaite possible, selon ses critères. Il se plonge dans le dédale de ses calculs, quitte à se noyer au temps. En avril, il a disputé 27 parties classiques en 19 jours (cf. n°765). Il était d’abord en lice à Reykjavik. Il a enchaîné avec l’open de Sant Vicent del Raspeig, en Espagne, ce pays qu’il aime tant. Le lendemain, il rayonnait à Minorque où il a fini seul 1 er avec 8/9 et une performance Elo à 2833, en devançant 44 autres GMI ! g
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LES PRODIGES ! À 19 ans, Javokhir Sindarov a signé une victoire retentissante à la coupe du monde, comme Divya Deshmukh l’a fait au même âge, chez les femmes, en juillet (cf. n°767).
Ces prodiges n’ont peur de rien. Ils ont été formés par les ordinateurs. Ils ont un mental d’acier et défoncent le “mur” si longtemps réputé infranchis sable de la différence au classement Elo. Même s’ils ont 100 ou 200 points de moins que leur adversaire, ils jouent pour gagner, y compris avec les Noirs. Leur force réside dans le calcul. Leur puissance de feu fait craindre le pire aux stratèges et à leurs rivaux plus expérimentés. Encore plus jeune, Yagiz Kaan Erdogmus, 14 ans, est lui aussi l’une des révé lations de la saison, comme l’Argentin Faustino Oro, le “Messi des échecs”, auteur d’une 1 re norme de GMI à 12 ans. En 2025, les cartes ont été rebattues. Ce n’est plus une floraison, mais une “horde” de pro diges qui déferle d’Orient et d’ailleurs. g
Divya Deshmukh, 19 ans, sacrée en une du n°767.
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