N°771
CHAMPIONNAT D’EUROPE RAPIDE ET BLITZ UNE 4 e PLACE POUR LAGARDE, LA DÉCEPTION DE MAURIZZI ET BAUER
© ANTOINE ELLIS. © ANTOINE ELLIS.
Christian Bauer, 38 e et 44 e .
© ANTOINE ELLIS.
Maxime Lagarde, seul Français à avoir relevé la tête à Pristina...
Marc’Andria Maurizzi, ici face à Vasyl Ivanchuk.
Christian Bauer, 38 e en rapide et 44 e en blitz, a plus de mal à dédramatiser : “Je ne sais pas si je dois complètement arrê ter ces tournois très forts, ou bien me motiver pour en faire au moins un peu. Parce que ça ne sert pas à grand-chose, je n’ai plus le niveau pour jouer pour les premières places. Même pour avoir un prix quelconque, je pense que j’en suis trop loin.” Le grand-maître de 48 ans était 4 e Elo en blitz, ce qui lui a valu d’être invité à loger à l’hôtel, et d’être amené à un tournoi qu’il a remporté à Rahovec, en marge de l’évènement. Une meilleure performance pour le jeune Alexandre Bacrot, qui a battu le cham pion d’Europe de blitz Jorden Van Foreest lors du rapide et le champion d’Europe de rapide Paulius Pultinevicius lors du blitz, avant d’abandonner le tournoi. La fierté française du week-end reste la 4 e place en rapide de Maxime Lagarde. Il a plus que rentabilisé son voyage et apprécié l’expérience : “Je joue ce tour noi tous les ans parce que c’est agréable d’y jouer, le niveau est fort et les prix sont intéressants. Cette édition était particulièrement réussie. On n’a pas ressenti que c’était organisé par un tout petit pays”. Il est venu avec Adrien Demuth, qui n’avait pas joué de tournoi depuis trois ans. “J’ai senti que j’étais un peu rouillé en blitz au niveau du réper toire” admet le grand-maître, même s’il finit 28 e au rapide. Un regret pour eux : l’hôtel est “au milieu de nulle part. On ne pouvait pas sortir le soir. Mais on sait bien qu’on ne vient pas ici pour faire du tourisme.” Plusieurs Français ont d’ail leurs enchaîné avec un autre tournoi. g
U n grand hall, un bar coloré et une salle de jeu somptueuse : l’hôtel Emerald (5 étoiles) à Gra č anica, près de Pristina (Kosovo), ne donne pas l’impression d’un minuscule pays, le troisième plus pauvre d’Europe. Plus de 300 joueurs ont été immergés dans ce cadre pendant trois jours : deux jours de parties rapides (11 rondes) et un jour de blitz (13 rondes). Même si le prestige de ce championnat d’Europe est relatif, quelques grands noms ont fait le dépla cement : Ivanchuk, Jobava, Jorden Van Foreest, Rasmus Svane... La dizaine de Français avaient du pain sur la planche. Interrogé, Marc’Andria Maurizzi avait pour objectif de “gagner dans les deux cadences”. Il n’a pas réussi : “Mon tour noi rapide ne s’est pas très bien passé (14 e place, NDLR), et en blitz, j’ai été moins bon sur la fin”. Le Corse était en tête du blitz avec 6/6, mais a glissé vers la 19 e place après une défaite cruelle et “beaucoup trop de nulles”. Mais pour lui, cette dégringolade au classement n’est “rien de spécial, ça arrive dans ces cadences. C’est frustrant sur le moment seulement”. Le Kosovo accueillait les champion nats d’Europe de parties rapides et de blitz dans sa capitale Pristina du 28 au 30 novembre. Une dizaine de Français y ont participé, avec un succès relatif. Le tournoi était assez relevé, avec des têtes d’affiche redoutables.
INTERVIEW ARMEND BUDIMA “JE VEUX QU’ON APPRENNE LES ÉCHECS DANS TOUTES LES ÉCOLES PUBLIQUES DU KOSOVO D’ICI 2030” Le président de la fédération kosovare des échecs, réélu en 2024 pour quatre ans, mise tout sur la jeunesse. Indépendant depuis 2008, le Kosovo est cinquante fois plus petit que la France et ne compte que 450 joueurs classés Fide (700 en comptant les expatriés). Organiser ce championnat d’Europe rapide et blitz est l’occasion pour Armend Budima de montrer que le Kosovo développe sa pratique des échecs avec ambition. Comment le Kosovo a réussi à saisir l’op portunité d’organiser un tel tournoi ? On a négocié avec Zurab Azmaiparashvili, le président de l’European Chess Union. Je lui ai présenté les garanties financières du ministère des Sports du Kosovo : 150 000 euros. Le tournoi nous a coûté plus cher mais on a pu compenser avec les sponsors et des dons d’entreprises. Notre petite fédération bénéficie d’un grand soutien du président de l’ECU, c’est grâce à lui qu’on a pu être organisateurs. En avril, j’ai
30
Made with FlippingBook Publishing Software